Motifs de dépose et constats

Deux référentiels, une même idée : rendre comptable ce qui n’était que raconté.

Jusqu’ici, la raison d’une dépose et le résultat d’une opération vivaient en texte libre — « déposé pour panne », « RAS », « fixation n° 3 à remplacer ». C’est irremplaçable pour comprendre une intervention. Mais un texte ne se compte pas : aucun taux de dépose non programmée ne s’extrait d’une phrase, et aucun retour d’expérience ne s’exporte vers un constructeur.

Le code ne remplace pas la note. Il la double d’une dimension calculable : le code rend le fait comptable, la note le rend compréhensible.

Deux questions différentes

Référentiel Répond à Saisi
Motif de dépose Pourquoi a-t-on démonté ? Au moment de la dépose
Constat Qu’a-t-on trouvé en ouvrant ? À la clôture d’une opération d’ordre de travail

Ils se cumulent, ils ne se remplacent pas. On peut déposer pour échéance de programme (motif) et constater une corrosion (constat).

Le couple qui fait tout le travail

C’est l’exemple à retenir, parce qu’il explique pourquoi il faut deux vocabulaires et pas un :

Un équipage signale une anomalie. On dépose avec le motif « Panne signalée ». À l’atelier, rien n’est reproduit : le constat est « Panne non confirmée ».

Résultat :

  • la dépose compte comme non programmée — elle a bien immobilisé l’aéronef et consommé une rechange ;
  • l’exemplaire, lui, ne compte pas comme défaillant — il n’avait rien.

Un motif seul ne sait pas dire ça. Et confondre les deux fausse durablement les taux de fiabilité, dans le sens qui coûte le plus cher : on remplace des organes sains.

Gérer les motifs de dépose

Écran Administration › Motifs de dépose (/admin/removal-reasons). Chaque motif porte :

  • un code technique figé après création (ex. panne_constatee) ;
  • un libellé affiché partout, traduisible ;
  • une famille : programmée, panne, dommage, fin de vie, modification, opportunité, administratif ;
  • un indicateur « compte comme une défaillance » ;
  • un ordre d’affichage et un statut.

La case « compte comme une défaillance » ne se déduit PAS de la famille

C’est délibéré, et c’est le réglage qui mérite le plus d’attention. Un dommage accidentel est bien une défaillance de l’exemplaire ; une dépose d’opportunité non, alors que les deux sont des déposes non programmées. Où passe exactement la frontière est un choix d’exploitant, pas une conséquence mécanique — c’est pourquoi la case est indépendante.

Le code réservé non_renseigne

Il existe pour une seule raison : la reprise de l’historique. Toutes les déposes antérieures à la mise en place des codes en sont dépourvues, et aucune interprétation automatique n’a été faite de leurs notes — deviner un motif à partir d’un texte reviendrait à fabriquer de la donnée de fiabilité.

Ce code n’est pas proposé à la saisie d’une nouvelle dépose. Il signifie « on ne sait pas », ce qu’un technicien ne choisit jamais délibérément.

Gérer les constats

Écran Administration › Constats (/admin/finding-codes). Mêmes champs, plus un chapitre ATA facultatif.

Le chapitre remonte le constat en tête de liste pour l’organe travaillé, sans jamais exclure les autres : on trouve régulièrement autre chose que ce qu’on cherchait, et un filtre dur interdirait au technicien de le dire.

Un constat sans défaillance a toute sa place

Décochez « traduit une défaillance » pour « RAS » et « Panne non confirmée ». Sans cela, une intervention où rien n’a été trouvé compterait comme une panne.

Et un « RAS » codé n’est pas une case vide : il distingue le contrôle fait et sans résultat du contrôle non renseigné. C’est en soi une information de fiabilité.

Saisir au quotidien

À la dépose — la modale propose le motif juste après la date, avant la nouvelle condition de l’exemplaire : le motif explique la dépose, la condition n’en est que la conséquence. Les notes libres restent disponibles en dessous.

À la clôture d’une opération — le constat est proposé dans la fenêtre de confirmation, à côté de « clôturé par ». C’est le moment du geste : demander de rouvrir une modale d’édition après coup pour coder ce qu’on a trouvé, c’est garantir que personne ne le fera. Une correction reste possible ensuite par la modification de l’opération.

Dans les deux cas, seuls les codes actifs sont proposés. Un code retiré reste lisible sur les actes passés.

Retirer plutôt que supprimer

La suppression d’un motif ou d’un constat est refusée dès qu’un acte s’y réfère : effacer le motif d’une dépose passée détruirait de la donnée de fiabilité.

Pour sortir un code du service, passez-le au statut « retiré » : il disparaît des sélecteurs de saisie et reste lisible sur l’historique.

Ce que ça prépare

Ces deux vocabulaires sont le verrou n° 1 du retour d’expérience en service. Les données correspondantes existaient déjà — compteurs à la pose et à la dépose, ordres de travail horodatés, consommations par opération — mais restaient inexploitables faute de codes.

Une fois qu’elles sont codées, la restitution à un constructeur ou à une autorité technique devient une question de format, plus une question de données.