Configuration opérationnelle

Le mot « configuration » recouvre trois questions différentes dans ce métier. La configuration opérationnelle répond à la dernière, et c’est la seule dont s’occupe cette page.

Configuration Répond à Où la voir
De définition À quel standard l’aéronef est-il construit ? Configuration applicable, amendements
Matérielle Quels équipements sont montés, où, depuis quand ? Décomposition
Opérationnelle Que porte l’aéronef, en vue d’une sortie ? Cette page

Les deux premières répondent à « cet aéronef est-il conforme et entretenu ». La troisième répond à « cet aéronef est-il apte à cette mission ». Ce n’est pas la même temporalité : l’une bouge à la visite, l’autre entre deux sorties dans la journée.

Ce que l’aéronef porte

Un bidon de carburant, un pod de désignation, un rack de munitions, un leurre : tous sont des emports — des exemplaires sérialisés accrochés à une station (point dur, pylône, rack) en vue d’une sortie. Une station peut elle-même porter un rack qui porte des charges : la hiérarchie des stations suit celle des points d’emploi.

Station

Point d’emport physique, modélisé comme un point d’emploi de nature « emport ». Une station est déclarée dans la configuration applicable de l’aéronef, exactement comme un point d’emploi de navigabilité — mais avec un badge Emport qui la distingue.

Emport

Exemplaire sérialisé accroché à une station : bidon, pod, charge, leurre. Un emport reste un article ordinaire du catalogue — il n’existe aucun référentiel séparé pour les emports (voir ci-dessous).

Aucun référentiel d’emports n’est créé. Un emport est un article comme un autre : une référence, des exemplaires sérialisés, du stock. Ce sont les compatibilités déclarées sur la station qui disent ce qu’elle peut porter — exactement comme pour un point d’emploi technique. Cette déclaration sert deux fois : elle filtre le sélecteur quand on construit une configuration autorisée, et elle garde l’accrochage physique décrit ci-dessous.

Le mouvement isolé : un geste, une trace

Accrocher un bidon entre deux sorties n’est pas un acte de maintenance : ni visite programmée, ni composant remplacé, ni signature Part-145 attendue. Mais c’est du travail, et il se trace — les temps passés, les consommables, qui a posé quoi.

Vous n’avez rien à ouvrir pour autant. Le geste reste le même — une station, un exemplaire, valider — et c’est lui qui fabrique sa trace : l’accrochage s’inscrit dans le journal des mouvements du jour de l’aéronef, créé au premier geste et partagé par tous les suivants.

Pourquoi un journal par jour et non un dossier par geste : une escadrille en fait des dizaines par jour. Un dossier par bidon accroché noierait les vrais chantiers de maintenance dans la liste. La journée est la maille à laquelle une escadrille raisonne déjà.

Deux exceptions à cette règle, dans cet ordre :

  • Un chantier de reconfiguration est ouvert sur l’aéronef — le mouvement s’y inscrit, pas dans le journal. Il referme l’opération qui l’attendait ; et s’il n’était pas au programme, il y est consigné quand même. C’est l’écart entre le prévu et le réalisé, et c’est ce qu’un retour d’expérience regarde en premier.
  • Vous changez de configuration entière — cela se prépare, voir « Changer de configuration » plus bas.

Rien de tout cela ne s’impose à vous au moment du geste. Envergure choisit où consigner ; vous accrochez.

Accrocher un emport

  1. Choisir la station

    Depuis la fiche aéronef, ouvrez la configuration opérationnelle. Chaque station affiche son état : vide, ou déjà porteuse d’un emport.

  2. Choisir l'exemplaire

    Le sélecteur ne propose QUE les exemplaires dont la référence est admise sur cette station — voir « Le refus sec » ci-dessous.

  3. Valider

    L’accrochage est enregistré via POST/stock-items/:stockItemId/carry — qui n’exige AUCUN dossier de travail ouvert au préalable : c’est lui qui inscrit le mouvement là où il doit l’être.

Le décrochage, lui, réutilise le même mécanisme que la dépose d’un équipement de maintenance (POST/installations/:installationId/uninstall) : refermer une ligne d’accrochage ne demande pas plus de préparation que d’en ouvrir une, et se consigne de la même façon.

Conséquence directe sur la lecture de l’aéronef : ces deux actes n’apparaissent jamais dans l’historique de navigabilité, ni dans la décomposition technique. Mélanger le remplacement d’un calculateur et l’accrochage d’un bidon rendrait l’un comme l’autre illisible — les deux sont distingués dès la donnée, pas seulement à l’écran.

Le dossier qui porte la trace le dit lui-même : son type est Mouvements d’emport, jamais préventif ni curatif. Tracer un travail et le déclarer « de maintenance » sont deux choses différentes, et la seconde serait fausse ici.

Changer de configuration : par un ordre de travail

Passer d’une configuration à une autre n’est pas un mouvement isolé — c’est une suite de déposes et de poses qu’il faut tracer : les temps consommés, les pièces consommées, et l’obligation de navigabilité de savoir qui a posé quoi, quand.

Depuis l’écran Propositions de configuration, un bouton génère le dossier et l’ordre de travail correspondants. Le calcul n’est pas refait à la main : Envergure reprend les mouvements qu’il venait d’afficher et les matérialise en opérations — une par exemplaire, les déposes avant les poses, parce qu’une station occupée doit être libérée avant d’être regarnie.

Trois choix méritent d’être connus, parce qu’ils expliquent ce que vous verrez :

  • L’ordre ne nomme jamais un numéro de série. Une opération dit « poser un bidon sur P2 », et enregistre l’exemplaire réellement monté au moment du geste. Tant qu’Envergure ne sait pas réserver un exemplaire en stock, écrire un numéro de série dans un ordre serait une promesse qu’il ne saurait pas tenir. Bénéfice de côté : l’interchangeabilité peut jouer au moment du geste, pas seulement au moment où l’ordre a été écrit.
  • Un seul chantier de reconfiguration ouvert par aéronef. Deux ordres décriraient chacun un état de départ que l’autre invalide. Le refus nomme celui qui est déjà ouvert.
  • Un ordre dont le stock ne suit pas reste générable. Préparer le chantier avant que la pièce arrive est un usage normal ; l’écran le dit, et ce sont les poses qui buteront le jour venu.

Le geste, lui, ne change pas. Accrocher et décrocher passent par les mêmes modales, avec les mêmes contrôles — et quand le mouvement correspond à une opération attendue du chantier ouvert, c’est le mouvement qui referme l’opération, pas l’inverse. Il n’existe donc qu’un seul chemin d’écriture : deux chemins portant chacun leurs garde-fous finiraient par diverger.

Le plan comme interface d’accrochage

Le plan de dessous ne se contente pas de montrer l’aéronef vu de dessous : sur la fiche aéronef, pour toute station déjà positionnée, il devient un raccourci graphique vers exactement le même geste que les cartes de stations ci-dessus.

  • Station vide, dessinée sur le plan — un clic ouvre la même modale d’accrochage que le bouton « + Accrocher » de sa carte, déjà ciblée sur cette station.
  • Emport dessiné à sa position — un clic ouvre la même modale de décrochage que le bouton « Décrocher » de sa carte, déjà ciblée sur cette installation précise.
  • Station pleine (autant d’emports que d’emplacements) — le plan n’offre plus d’accrochage pour elle, exactement comme sa carte n’affiche plus le bouton.

Le dessin est un raccourci vers le geste, jamais un chemin différent. Le refus sec hors compatibilité (ci-dessous), le filtre du sélecteur aux seules références admises, l’exigence d’un exemplaire sérialisé et réceptionné : rien de tout cela ne s’allège parce que le clic part d’une image plutôt que d’un bouton de carte — les deux chemins ouvrent la même modale, avec les mêmes contrôles.

Une station sans compatibilité déclarée reste visible sur le plan, mais n’y est jamais cliquable. Elle apparaît en gris, visuellement distincte des stations qui peuvent recevoir : le dessin ne doit jamais inviter à cliquer pour répondre ensuite par un refus. L’explication reste écrite sous le plan, pas seulement visible au survol d’un point.

Accessibilité. Chaque cible du plan est un vrai bouton HTML, atteignable au clavier comme n’importe quel autre contrôle de l’application, avec un nom qui dit la station ET son état — par exemple « Accrocher un emport sur la station P5 » ou « Décrocher RPL-711:F4957 de la station P2 ». Une image qui ne répondrait qu’à la souris serait un recul par rapport aux cartes qu’elle double.

Une station non positionnée, elle, n’apparaît jamais sur le plan (cf. pointage des stations) : sa carte reste alors sa seule représentation.

Le refus sec, hors compatibilité

Sur une pose de maintenance, un composant dont la référence n’est pas listée dans les compatibilités déclenche un avertissement acquittable : l’opérateur peut passer outre, en connaissance de cause, et l’avertissement reste tracé.

L’accrochage d’un emport ne fonctionne pas ainsi. Une référence hors compatibilité est refusée, sans mécanisme d’acquittement. La raison : la même déclaration de compatibilité sert de fondement aux configurations opérationnelles autorisées. La contourner à l’accrochage viderait de son sens le contrôle de conformité qui s’appuie dessus en aval — un aéronef ne peut pas être « conforme sous condition » à une combinaison qu’on aurait forcée par-dessus la déclaration censée la garantir.

Le réflexe : station sans compatibilité = station qui ne peut rien recevoir

Une station sans compatibilité déclarée ne peut littéralement rien accrocher. Ce n’est pas une limite du sélecteur — c’est la conséquence directe du refus sec ci-dessus : sans référence admise, il n’y a rien à proposer.

Quand une station paraît inutilisable, le premier réflexe est donc de vérifier ses compatibilités, pas de chercher un bug. L’écran le dit explicitement plutôt que d’afficher une liste vide muette, et renvoie vers l’éditeur de la configuration applicable où les compatibilités de la station se déclarent.

L’effet compteurs : les potentiels des emports tournent

C’est le gain collatéral, invisible à l’écran mais réel : parce que l’accrochage et le décrochage réutilisent le même mécanisme de relevé que la pose et la dépose d’un équipement, les compteurs des emports se mettent à tourner. Un bidon, un pod, un rack sont des rotables sérialisés comme les autres — ils ont des potentiels, des visites programmées, une navigabilité propre. Simplement, tant que rien ne traçait leur accrochage, leurs compteurs restaient à zéro quelle que soit leur histoire de vol.

Chaque accrochage et chaque décrochage peut donc porter un relevé de compteur (heures de vol, cycles, mesure spécifique) — exactement comme une pose ou une dépose de maintenance. C’est par ce relevé que le potentiel d’un emport avance.

Voir aussi

  • Décomposition — la configuration matérielle, pour ce dont l’aéronef est fait plutôt que ce qu’il porte.
  • Configurations applicables — où se déclarent les stations et leurs compatibilités.