Gammes d’emport

Une gamme d’emport décrit un geste une fois pour toutes : accrocher un MICA sur un pylône, décrocher un bidon, poser un pod. Elle porte ses étapes, leurs temps, leur outillage et leurs consommables.

Sans elle, un ordre de travail de reconfiguration écrit une opération nue par mouvement : le geste est tracé, mais ni son temps ni ses consommations. C’est un état de fonctionnement normal — pas une anomalie, et pas un préalable à quoi que ce soit.

Deux gammes, jamais une avec un sens

Une pose et une dépose sont deux gammes distinctes, même sur le même couple station × article.

La raison n’est pas les temps — qui diffèrent pourtant presque toujours — mais les consommables : une pose consomme joints, freinage, plombs ; une dépose ne consomme presque rien. Un objet unique porteur d’un sens rendrait la liste des consommables conditionnelle à ce sens, c’est-à-dire un champ qui veut dire deux choses selon le contexte.

La portée, et pourquoi elle dégrade

Accrocher un MICA sur un saumon d’aile n’est pas le même geste que sur un pylône de voilure médiane : ni le même outillage, ni le même accès. Le grain le plus fin est donc le couple station × article.

Mais sur le seul Rafale M, treize stations dont certaines admettent quatre références font une trentaine de couples ; multiplié par les types d’aéronef, personne ne saisira la table exhaustive. La réponse n’est pas de renoncer au grain fin, c’est de le rendre facultatif.

Vous choisissez donc un niveau de portée, et Envergure retient la gamme la plus précise qui s’applique :

Niveau S’applique à Rang
Couple station × article Cette référence, sur cette station 1er
Article seul Cette référence, quelle que soit la station 2e
Station seule Cette station, quelle que soit la référence 3e
Générique Tout mouvement qu’aucune gamme plus précise ne couvre dernier

L’article passe avant la station, et ce n’est pas arbitraire : le geste tient davantage à ce qu’on manipule qu’à l’endroit où on le pose. Un METEOR se pose comme un METEOR ; une station, elle, reçoit des choses très différentes.

Changer de niveau efface les champs devenus sans objet. Un champ masqué qui garderait sa valeur enverrait une portée que vous ne voyez pas — invisible à l’écran, et pourtant déterminante pour savoir quelle gamme s’applique.

L’étape qui EST le geste

Une gamme de pose peut compter quatre étapes : préparer l’outillage, présenter l’emport, verrouiller, contrôler. Une seule d’entre elles est l’accrochage lui-même.

Vous la désignez avec le bouton « C’est le geste ». C’est elle qui portera le lien vers la station et la référence dans l’ordre de travail, et donc celle que le mouvement réel viendra refermer. Les autres étapes sont de la préparation ou du contrôle.

Le choix se fait par bouton radio, jamais par case à cocher : il y en a toujours exactement une, et marquer une étape démarque la précédente. Vous ne pouvez donc pas construire une gamme sans geste, ni une gamme à deux gestes.

Créer une gamme

  1. Nommer et choisir le sens

    Un code, un intitulé, et Pose ou Dépose.

  2. Choisir le niveau de portée

    Les champs utiles apparaissent seuls. Pour une station, choisissez d’abord la configuration applicable — elle sert seulement à retrouver la station, la gamme ne vise pas la configuration.

  3. Décrire les étapes

    Un code, un intitulé, une durée estimée. Ajoutez l’outillage et les consommables sur l’étape qui les consomme, pas sur la gamme entière.

  4. Désigner le geste

    Une étape et une seule. Par défaut c’est la première.

Ce que la gamme change dans un ordre de travail

Quand une gamme s’applique, ses étapes deviennent les opérations de l’ordre de travail — au lieu d’une opération nue.

Le grain est le même que le mouvement ait été planifié ou fait directement :

  • Mouvement planifié, généré depuis une proposition de configuration : les étapes naissent « en attente », l’opérateur les coche.
  • Geste direct, depuis le plan ou une carte de station : les mêmes étapes, déjà terminées — le geste a précédé.

Un même acte physique se décrit donc de la même façon quelle que soit la manière dont il a été lancé, ce qui rend la comparaison prévu / réalisé directe.

Supprimer une gamme

La suppression est douce : la gamme ne s’applique plus aux mouvements à venir, mais elle reste en base, et les ordres de travail déjà écrits ne changent pas — ils portent leur propre copie des étapes.

C’est ce qui permet de relire un ordre ancien tel qu’il a été exécuté, même si la gamme a changé depuis.

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